Les jeunes affiliés aux partis politiques et aux organisations de la société civile Burundaise  ont l’espoir de la bonne tenue des élections de 2020 au Burundi.

 Lors des échanges  qui ont marqué les activités de la deuxième journée de l’atelier de formation organisé par l’AJAP sur le comportement des jeunes au regard des droits de l’homme avant, pendant et après les élections de 2020 au Burundi à l’endroit des jeunes affiliés aux partis politiques agréés au Burundi  et aux organisations de la société civile Burundaise, les participants ont indiqué qu’ils espèrent un bon déroulement des élections de 2020 compte tenue des préparatifs et des efforts déjà entrepris par le Gouvernement du Burundi notamment l’autofinancement des élections, la feuille de route qui a été signé à Kayanza ainsi que les innovations sur le code électoral 2020.

Cette deuxième journée a été caractérisée par la présentation de 4 modules  notamment la tolérance politique ; la communication non violente ; les systèmes de résolution des conflits et le code électoral ainsi que les échanges très fructueux relatifs non seulement aux comportements des jeunes issus des différentes formations politiques pour assurer les élections libres, apaisées et transparentes de 2020 au Burundi mais aussi aux attitudes et comportements responsables à adopter pendant la période électorale.

La tolérance politique a été le 1er module de la journée et  a été présenté par Dr Jean Claude MUDENDE. Celui-ci a débuté à définir les concepts et notion de tolérance et d’intolérance. Pour lui, la tolérance est difficile à décrire, peut-être parce que sa définition varie légèrement d’une langue à l’autre, même quand il s’agit des langues officielles des Nations Unies. Il a souligné que tandis que l’intolérance est le contraire de la tolérance, cette dernière est une attitude qui consiste à admettre chez autrui une manière de penser ou d’agir différente de celle qu’on adopte soi-même. Par notion de politique, il a indiqué que la politique recouvre tout ce qui a trait au gouvernement d’une communauté ou d’un Etat : l’art et la manière de gouverner ; l’organisation des pouvoirs; la conduite des affaires publiques et les actions prévues ou mises en œuvre par une institution, une organisation, un parti, un Etat, une entreprise, un individu… en vue d’atteindre un objectif préalablement fixé.

Pour lui, la politique concerne tous les domaines de la société à savoir  les relations extérieures, les organisations et sécurité intérieures, la défense, les finances publiques, l’économie, la justice, l’éducation, la culture pour ne citer que cela. Le facilitateur a aussi pu définir ce que c’est un parti politique. Il l’a défini comme une association sans but lucratif regroupant des citoyens autour d’un projet de société démocratique fondé sur l’unité nationale avec un programme politique distinct aux objectifs précis répondant au souci de servir l’intérêt général et d’assurer l’épanouissement de tous les citoyens (Article 77 de la constitution). Qui plus est, il a partagé avec les participants les concepts apparentés à la tolérance  à savoir l’indifférence, la soumission, l’indulgence, la permissivité, l’acceptation pour ne citer que cela.

En concluant son exposé, il a mentionné que la tolérance n’est pas une faiblesse. Encore moins une naïveté. C’est un signe de grandeur d’esprit, de maturité politique. Il faudrait que cet état d’esprit, non pas une mascarade, perdure. Aux acteurs politiques, des valeurs comme le comportement responsable, la retenue, la tolérance, le respect de l’autre sont essentiels dans cette période pré-électorale. Il a  souligné aussi que la politique n’est pas la guerre. C’est un jeu pacifique et démocratique où les compétiteurs devraient être de simples adversaires et non des ennemis. Pour supprimer l’intolérance, il a dit qu’il est nécessaire de supprimer ce qui suscite la peur en nous qui est causée par la différence elle-même ou par la méconnaissance de celle-ci.

Le deuxième et le quatrième module  ont été présentés par Jean Claude NTIZOYIMANA, Enseignant-Chercheur et Expert en Résolution des conflits et Prévention du Génocide et autres atrocités de masse, était la communication non violente et le code électoral. Il a indiqué que  notre communication est souvent source de difficultés et de conflits d’où la « Communication Non Violente » (CNV) nous invite à prendre la responsabilité de ce que nous vivons tout en trouvant un équilibre entre une expression claire et intègre de nous-mêmes et une écoute attentive et bienveillante de ce que vit l’autre.

La communication violente peut être considérée comme l’opposé de ce qu’est la communication non violente, car elle est basée sur le jugement, la critique, l’étiquetage et le pigeon d’autrui, en évitant la responsabilité et le blâme, en posant des exigences, en menaçant et en ayant des concepts rigides de bien et de mal. La communication violente utilise un langage statique – en d’autres termes, le verbe “être” – afin de savoir qui est quoi et surtout qui a raison et qui a tort, pour que nous sachions alors qui mérite d’être récompensé et puni!  La communication non violente, d’autre part, est un langage de processus qui vous apprend à être dans le moment et à vous connecter avec les valeurs et les besoins les plus profonds et à diriger les mots et le comportement des gens plutôt que tout diagnostic intellectuel de «mal».

Avant de terminer son exposé, le facilitateur a indiqué que le modèle de communication non violente est composé de la conscience, le langage, la communication et les moyens d’influence. Il n a cessé de souligner que tout modèle de communication comporte au moins deux parties: parler et écouter, également appelé donner et recevoir et que le processus de communication non violente comprend quatre composantes à savoir les observations ; les sentiments ; les besoins et les demandes. Pour lui, la CNV développe une communication naturelle et vivante, en harmonie profonde avec  notre nature humaine et la mettre en pratique nous permet de développer des relations basées sur la bienveillance, la compréhension et le respect mutuels, qui stimulent  la confiance et  la sécurité dans la relation.

Concernant le code électoral , le facilitateur a fait référence sur différent documents produit par la CENI, le Ministère de l’Intérieur, du Patriotisme et du Développement Local et a pu définir le code électoral comme le code qui régit les élections d’un pays et qui regroupe les lois et les règlements relatifs aux différentes élections, et précise pour chacune d’elles comment s’organise le processus électoral, le facilitateur a souligné que ce dernier comporte trois parties, une législative, une réglementaire, chacune étant divisée en 9 livres, eux-mêmes subdivisés en titres, chapitres, sections…, ainsi qu’une partie constituée d’annexes et qu’il traite des aspects comme le mode de scrutin, les conditions d’inscription sur une liste électorale, l’établissement et révision des listes électorales, les cartes électorales, les conditions d’éligibilité et inéligibilité, la propagande, le financement et plafonnement des dépenses électorales, pour ne citer ce cela. Le facilitateur a également partagé avec les participants les innovations sur le code électoral 2020 : la campagne électorale se déroulera pendant trois semaines au lieu de deux, le mandat du président de la République a passé de cinq à sept ans, pour ne citer que cela.

La troisième présentation relative aux systèmes de résolution des conflits a été exposée par Maître CIZA Donatien. Celui-ci a débuté par l’introduction à l’étude des conflits et il a ensuite indiqué  les mécanismes de résolution des conflits. Pour lui,  Définir un conflit c’est maîtriser son environnement caractérisé par les 5 éléments : présence des parties interdépendantes, interdépendance expérimentée comme négative, possibilité de recourir à la rupture, rupture considérée comme plus rentable, rupture entraîne rupture et blocage. Il a indiqué que le conflit est nécessaire et nécessite d’être résolu pacifiquement. Dans une société humaine, le conflit est inévitable et il est même nécessaire pour le changement pourvu qu’il soit résolu pacifiquement. A-t-il ajouté

Comme mécanismes de résolution de conflit, le facilitateur a explicité entre autre la négociation, la médiation et la conciliation. Pour que ces mécanismes réussissent, le facilitateur a indiqué  qu’il faut la volonté des parties,  la coopération et l’autonomie.

Apres les exposés, les participants ont eu l’occasion de donner des interventions très enrichissantes, de poser des questions en rapports avec les thématiques déjà abordés et des réponses satisfaisantes ont été émises. Selon les participants, la tolérance politique est très importante et il faut aussi se regrouper dans une association coopérative pour conjuguer les efforts ensemble avec les autres jeunes des différentes couches sociales afin de contribuer au développement du pays. Les participants souhaitent également que le Gouvernement puisse soutenir les efforts de l’AJAP en lui accordant un financement pour bien suivre tout le processus électoral afin de vérifier et constater la mise en œuvre des engagements émis lors de ce genre des ateliers.

Les activités de cette deuxième journée ont été clôturées, dans un climat à bon enfant,  par une prière et l’hymne de l’AJAP.

  Jean Claude HABONIMANA

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