L’Association pour une Jeunesse Africaine Progressiste AJAP en sigle, signataire de cette Lettre ouverte, REVISION DE LA CONSTITUTION DU BURUNDI

Ayant un siège social à Bujumbura,

Etant un cadre d’expression et de valorisation de la contribution de la jeunesse dans la résolution pacifique des conflits, santé et le développement des pays africains,

Conscient que la Constitution est la loi suprême fondant toute la vie de la société dans un Etat,

Engagée à lutter contre la ségrégation (raciale, ethnique, religieuse, politique, régionale ou liée au sexe, à la nationalité ou à la couleur de la peau) que l’AJAP considère comme source de conflits au Burundi et en Afrique entière,

Ayant participé aux consultations de la commission nationale de dialogue inter-burundais,

Connaissant le rôle de la jeunesse dans les crises sociopolitiques qui ont marqué le Burundi dans les années passées,

Sachant que la jeunesse Burundaise excède la moitié de la population Burundaise (66%) selon les statistiques de recensement de 2008,

Convaincu que la jeunesse peut jouer un rôle important dans le développement de notre pays, en tant qu’intervenant direct, et que la protection et promotion des droits des jeunes à travers cette Constitution impliquent le renforcement de l’Etat de droit et le respect des droits humains,

Tout en reconnaissant l’effort du gouvernement de ratifier les textes internationaux, régionaux  et nationaux garantissant les droits des jeunes, l’AJAP constate qu’il y a un vide à combler dans la Constitution de la République du Burundi pour une meilleure prise en compte des aspirations des jeunes,

Pour ce, l’AJAP soucieuse de contribuer à lever ce défis, décide  d’adresser une lettre ouverte à Monsieur le Président de la Commission Nationale chargée de proposer le projet d’Amendement de la Constitution de la République du Burundi pour donner sa contribution sous deux angles :

  • Pour le processus de révision Constitutionnelle, l’AJAP demande de :
  • Privilégier la participation inclusive pour recueillir le maximum des aspirations citoyennes.
  • Respecter le chronogramme de reforme de la Constitution.
  • Prendre en compte des toutes les initiatives de contribution à l’effectivité de cette révision Constitutionnelle.
  • Pour les modifications nécessaires dans ce projet d’Amendement de la Constitution de la République du Burundi du 18 mars 2005, l’AJAP propose:

 Proposition n° 1

Réviser les articles inspirant des interprétations contradictoires (notamment en rapport avec le calcul des mandats présidentiels).

Proposition n°2

Amender l’article 55 en incluant de manière spécifique  le droit des jeunes à des mesures particulières pour participer, soit directement, soit indirectement par ses représentants, à la direction et à la gestion des affaires de l’Etat sans réserve des conditions légales ; notamment d’âge et de capacité financière.

Proposition n°3

Revoir les articles 97 et 179  par la réduction d’âge des candidats à la présidence et au Sénat.

Proposition n°4

Instaurer le quota de représentativité des jeunes dans les instances de prise de décision en modifiant les articles 129, 143, 164 et article 180.

Proposition n°5

Constitutionnaliser le Conseil de la Jeunesse à l’image des autres conseils nationaux mentionnés à l’Article 268 de la Constitution.

Ce dernier aura pour missions :

  • Coordination des associations des jeunes.
  • Conscientisation de la jeunesse au changement de mentalité.
  • Promotion de la création de l’emploi chez les jeunes.
  • Appui et facilitation des jeunes aux activités génératrices des revenus (par octroi des prêts pour le capital, financement des projets des associations des jeunes) et à l’apprentissage des métiers.
  • Encadrement du forum national de la jeunesse.
  • Défendre les intérêts des jeunes en général.

Proposition n°6

Actualiser le préambule et redéfinir les groupes des minorités.

En résumé,  l’Association pour une Jeunesse Africaine Progressiste souhaite :

  • Que ces propositions ci-haut mentionnées soient prises en compte.
  • Que la révision de la Constitution garantisse l’accès des jeunes à tous les niveaux de prise de décision et de gouvernance.
  • Que les jeunes soient encouragés et facilités à prendre part pleinement aux devoirs du citoyen.

        Eric NSENGIMANA

Président et Représentant Légal